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Chronique #6 – Courir, arrêter, recommencer

Tout a commencé lors d’un souper pizza entre amis, il y a une vingtaine d’années. Un ami m’a lancé un défi : faire le demi marathon de Québec. Après quelques bières, j’ai dit oui sans trop réfléchir. Le lendemain matin, contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’ai eu aucun regret. Je me suis dit que c’était une bonne occasion de sortir d’un mode de vie sédentaire. À cette époque, mon travail m’amenait à voyager chaque semaine entre Montréal et Toronto, avec des soupers au restaurant tous les soirs et bien peu de temps pour bouger.

Ce même ami, qui ne courait pas plus que moi, a décidé de relever le défi à mes côtés. On s’est entraînés tout l’hiver, moi sur le tapis roulant du gym de l’hôtel à Toronto, puis dehors dès que le printemps le permettait.

Le jour de la course, on a fini ensemble, à peu près au même rythme. Ce qui me reste en mémoire, c’est la fierté. Mais aussi une question bien honnête que je me suis posée sur la ligne d’arrivée : est ce que je recommencerai un jour ? La vie a repris son cours. J’ai couru un peu, comme ci comme ça, puis j’ai complètement arrêté.

Vancouver, la pluie et le marathon

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Quelques années plus tard, mon travail chez Bell Canada m’a amené à déménager à Vancouver, dans le cadre d’une entente entre Bell et VANOC, le comité organisateur des Jeux olympiques de 2010. On le sait moins, mais entre le milieu de l’automne et le mois d’avril, Vancouver est une ville extrêmement pluvieuse. Ça peut devenir lourd à porter quand on est habitué au soleil

Je me suis remis à courir, beau temps mauvais temps, pour retrouver un certain équilibre. Après quelques courses plus courtes comme le Sun Run et le HBC Run, je me suis dit que si j’étais capable de m’entraîner aussi longtemps et aussi régulièrement, j’étais en mesure de faire un marathon complet. Les sentiers de Stanley Park et de la Lower Seymour Conservation Reserve rendaient tout ça accessible, et à cette époque, avec un seul enfant à la maison, j’avais une certaine flexibilité.

Le jour du marathon de Victoria, en octrobre 2009, il faisait frisquet au départ. J’ai frappé le mur au trente cinquième, trente sixième kilomètre, exactement comme les livres le décrivent. Mais j’avais ma conjointe le long du parcours, qui se déplaçait pour m’encourager à différents points. Un collègue avec qui je m’étais entraîné courait la même course. Il a terminé avant moi, j’ai eu quelques arrêts obligés en chemin, mais on s’est retrouvés à la fin. Je visais quatre heures. J’ai fini en quatre heures quinze. Très fier quand même.

Le rêve du véhicule récréatif qui n’a pas tenu la route

Pour le retour à Montréal après les Jeux, on a fait l’acquisition d’un véhicule récréatif. Mon plan était simple sur papier : ma conjointe conduirait d’un village à l’autre pendant que je courrais entre les deux. Malheureusement, comme ma conjointe était enceinte de près de six mois de notre deuxième, elle avait de la difficulté à conduire un véhicule de classe C, et le projet ne s’est jamais concrétisé.

J’étais déjà inscrit au marathon de Montréal. Sans avoir pu m’entraîner comme je le voulais, j’ai tenté de rattraper le temps perdu dans la dernière semaine. Résultat : je suis arrivé épuisé plutôt que prêt. J’ai terminé la course, je n’ai pas abandonné, mais avec un temps décevant, autour de quatre heures trente.

Ottawa, un deuxième Montréal, puis l’arrêt

Ça n’a pas été mon dernier marathon. J’ai couru à Ottawa, puis je suis retourné à Montréal une seconde fois. Chaque fois, ça a été exigeant. Puis le travail me sollicitait de plus en plus. J’ai arrêté de courir, complètement.

L’an dernier, en avril, en jouant au badminton, je me suis déchiré le tendon d’Achille du pied droit. Probablement l’usure normale qui vient avec la cinquantaine, où les tendons deviennent plus fragiles. J’ai été arrêté près d’un an et…j’ai pris du poids…

Recommencer, tranquillement

Aujourd’hui, je me remets à la course simplement pour reprendre contact avec ça. J’ai fait deux kilomètres récemment, loin du rythme que j’aimerais avoir. Ce qui est difficile, honnêtement, ce n’est pas juste physique. C’est de savoir que je courais plus vite il y a quelques années et de devoir maintenant y aller très lentement, pour ne pas me blesser et pour que mon poids n’ajoute pas de risque.

Mais il faut reprendre tranquillement. C’est ce que je me dis chaque fois que j’attache mes espadrilles.

Un défi à ma mesure : La Mélanienne

C’est dans cet esprit que je compte m’inscrire à La Mélanienne, la course qui aura lieu le 19 septembre prochain, à Sainte-Mélanie, au Parc des Sables. Cette année marque sa dixième édition.

Ce ne sera pas un marathon. Ce ne sera même pas un demi marathon. Ce sera simplement l’occasion de me donner un défi à ma mesure, ici, dans mon village, dans ma municipalité. Pouvoir dire que j’ai terminé une course chez nous, avec mes concitoyens, ça a une valeur particulière pour moi en ce moment de ma vie où je repars pratiquement de zéro.

Si vous aussi vous portez un projet de course, une envie de bouger que vous remettez depuis un moment, je vous invite à vous joindre à moi le 19 septembre. On n’a pas besoin d’être en grande forme pour s’inscrire. On a juste besoin de décider d’y aller.

Détails et inscription sur le site de la course ici et la page Facebook

https://www.ms1inscription.com/lamelanienne2026

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