Samedi soir, le Canadien a battu Détroit 1 à 0 en tir de barrage. À l’arraché, comme on dit.
Depuis le début de la saison, j’ai l’impression que l’équipe court après le jeu parfait, celui où tout fonctionne sans la moindre faille. Sauf qu’un match ne se gagne pas en attendant que tout soit parfait. Il se gagne quand quelqu’un prend la rondelle et tire.
Voltaire a popularisé un vieux proverbe italien selon lequel « le mieux est l’ennemi du bien ».¹ À force de chercher la perfection, on n’agit plus.
Ça vaut au hockey. Ça vaut aussi dans une municipalité.
En 1910, dans un discours à la Sorbonne, Theodore Roosevelt disait « Ce n’est pas le critique qui compte, ni l’homme qui signale comment l’homme fort a trébuché, ou en quoi l’homme d’action aurait pu mieux faire. Le mérite revient à l’homme qui est réellement dans l’arène, dont le visage est marqué par la poussière, la sueur et le sang. Il s’efforce vaillamment. Il se trompe, il manque le but encore et encore, parce qu’il n’y a pas d’effort sans erreur ni insuffisance. » Et s’il échoue, « il échoue au moins en osant grandement ».²
Je ne dis pas que la critique est inutile. Une démocratie a besoin de questions et de désaccords, et c’est tant mieux.
Mais il reste une réalité simple. Ceux qui décident portent la responsabilité de leurs décisions. Ceux qui observent, non.
Dans une municipalité, les employés et les professionnels conseillent, les ministères autorisent quand la loi l’exige, et au bout du compte c’est le conseil et le maire qui décident, en séance publique, par résolution.
Un projet peut plaire ou déplaire à des citoyens. Savoir qui a signé le plan ou le pourquoi du comment par qui ne change rien à qui décide.
Voici où nous en sommes au conseil. Nous écoutons les critiques et nous en tenons compte. Mais chaque étude, chaque mandat, chaque analyse de plus coûte de l’argent à tous les contribuables.
Nous devons choisir où investir les fonds publics et nous assumons ces choix. Nous ne pouvons pas toujours attendre ou espérer le projet parfait pour avancer. Les citoyens expriment des besoins, parfois différents ou même contradictoires, et notre rôle est de décider en pensant au bien commun. Est-ce qu’on vise juste à tout coup?
J’ai assisté à une conférence du commandant Robert Piché, et il m’avait marqué en disant, je paraphrase, « que lorsque je prend une décision, si elle est bonne, je continue, et si elle ne l’est pas, j’en prend une autre.
Et comme l’oncle Ben le dit à Peter Parker dans le film Spider-Man, « avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités ».³ Alors oui, nous devons prendre des décisions avec et pour les citoyens.
Roosevelt avertissait aussi contre le cynisme et affirmait que « la pire façon d’affronter la vie est de l’affronter avec sarcasme ».² Selon lui, un idéal vaut dans la mesure où on s’efforce de le réaliser, et celui qui prêche des idéaux aux autres doit lui-même tâcher de les vivre.² J’aime bien cette idée. Une communauté avance quand les questions, les idées et même les critiques s’accompagnent d’une volonté de bâtir ensemble.
Samedi, ce n’est pas un jeu parfait qui a donné la victoire au Canadien. C’est un tir, au bon moment. On ne marque pas à tout coup, mais celui qui ne tire jamais ne gagne rien.
Au conseil, on va continuer de tirer, en écoutant ceux qui nous aident à mieux viser.
Hugues
1- La Bégueule, conte en vers. Voltaire
2- ma traduction du discours avec l’aide de Google Traduction, The Man in the Arena
3- Cette maxime est bien plus ancienne que Spider-Man. Un décret de la Convention nationale du 7 mai 1793 stipule que « une grande responsabilité est la suite inséparable d’un grand pouvoir ». La formule a ensuite été reprise ou adaptée par des personnalités politiques, notamment Winston Churchill en 1906. Dans la bande dessinée, la phrase apparaît à la fin d’Amazing Fantasy #15 (août 1962) sous forme de légende narrative, puis le film de Sam Raimi (2002) l’attribue à l’oncle Ben. Sources Wikipédia et Philosophie magazine.
En savoir plus sur Hugues Hénault ing.- maire de Sainte-Mélanie
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