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Chronique 9 – Le zonage, c’est pour tout le monde

Le 25 août dernier, quarante citoyens se sont présentés au café du monde sur le règlement de zonage. Quarante personnes, un mardi soir d’été, pour parler d’aménagement, de construction et d’avenir. Je ne m’y attendais pas. Et ça m’a fait du bien.

Parce que le zonage, c’est un sujet ingrat. C’est technique. C’est aride. Mais c’est aussi le document qui détermine ce que vous pouvez construire sur votre terrain, comment votre voisin peut utiliser le sien, et à quoi va ressembler Sainte-Mélanie dans dix ans.

Le règlement qu’on remplace date de 1992. Il a 34 ans. Le monde a changé. Les familles ont changé. Les besoins ont changé. Le règlement devait suivre.

Ce que je veux vous raconter aujourd’hui, ce n’est pas le contenu technique du règlement. Vous aurez l’occasion de le lire, de poser vos questions et de vous exprimer lors de la consultation publique. Ce que je veux partager, c’est ce que ça fait de prendre ces décisions.

Certaines sont déchirantes.

Quand un citoyen nous demande d’autoriser un usage sur son terrain, il a presque toujours de bonnes raisons. Un projet d’entreprise, un besoin familial, une opportunité. Et souvent, pris isolément, ça a du sens. Mais notre travail au conseil, ce n’est pas de regarder chaque demande isolément. C’est de regarder l’ensemble. Et quand on autorise un usage dans une zone, il faut penser à ce que ça implique pour les voisins, pour les infrastructures, pour les services municipaux. Privilégier quelques-uns pourrait couter plus cher à la collectivité. C’est cette balance qu’il faut avoir dans nos réflexions, constamment.

Ce que les gens ne voient pas toujours, c’est que ces décisions ne sont pas le fait du maire seul. Chaque orientation est débattue autour de la table du conseil. Les conseillers apportent leurs points de vue, leurs connaissances du terrain, leurs désaccords aussi. Et c’est normal. Un bon conseil, ce n’est pas un conseil qui vote toujours unanimement. C’est un conseil qui débat, qui pèse le pour et le contre, et qui assume ensuite la décision collectivement.

Le café du monde m’a rappelé pourquoi c’est important. Les citoyens ont soulevé des questions sur la densité résidentielle, sur la protection du lac et du bassin versant, sur les activités commerciales à domicile, sur les coupes forestières, sur les droits acquis. Des questions légitimes, nuancées, parfois opposées les unes aux autres. Un citoyen veut plus de souplesse pour développer son terrain. Son voisin veut plus de protection pour conserver le caractère rural. Les deux ont raison. Notre travail, c’est de trouver l’équilibre.

Et cet équilibre, il faut le penser à moyen et long terme. Un règlement de zonage, ce n’est pas pour régler le problème de cette année. C’est pour encadrer les trente prochaines années. Chaque décision qu’on prend aujourd’hui va dessiner le village de demain. Est-ce qu’on veut un village où chacun peut faire ce qu’il veut sur son lot, quitte à ce que les problèmes se règlent entre voisins? Ou est-ce qu’on veut un cadre commun, imparfait mais réfléchi, qui protège autant les droits individuels que l’intérêt collectif?

Moi, je choisis le cadre commun. Pas parce que c’est facile. Justement parce que c’est difficile.

Quarante personnes un mardi soir d’été, ça dit quelque chose. Ça dit que les gens veulent participer quand on leur en donne l’occasion. Ça dit que la démocratie municipale fonctionne quand on la pratique, pas juste quand on en parle.

La consultation publique officielle aura lieu le 8 septembre. Venez poser vos questions, exprimer vos préoccupations, proposer vos idées. On ne consulte pas pour la forme. On consulte pour écouter. Et ensuite, on assumera nos décisions. Ensemble.

Hugues

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