Il est 22h 30. Certains m’ont vu avec mon portable à une partie de soccer de nos filles à l’Assomption, mon laptop sur les genoux en train de lire des courriels, des procès-verbaux et des règlements. Je vais fermer mon portable et tenter de décrocher un peu. Mes chiens me regardent comme si j’avais perdu la raison.
Et je me demande : est-ce que les gens de Sainte-Mélanie savent ce que fait leur maire un vendredi soir ?
Probablement pas. Et c’est normal. Quand on élit quelqu’un, on ne s’attend pas à recevoir une chronique. On s’attend à des résultats. Des routes entretenues, des services qui fonctionnent, des taxes raisonnables.
Mais voilà : entre l’élection et les résultats, il y a un monde. Un monde de réunions, de négociations, de règlements qu’on décortique à la loupe. Un monde de décisions qui se prennent dans des salles où personne ne vous regarde, sauf les autres élus. Un monde où un chiffre dans une grille de zonage peut changer la vie d’une famille.
C’est ce monde-là que je veux vous ouvrir. Du moins, la partie que je peux partager.
Pas pour me plaindre. Pas pour faire de la politique. Pour vous raconter ce que je vois, ce que j’apprends et les défis que je rencontre, dans les limites de ce que la loi me permet de dire. Parce que je crois que ce qui se passe à l’hôtel de ville mérite d’être raconté.
Depuis que je suis entré en poste, j’ai découvert des choses qui m’ont surpris, parfois déstabilisé, souvent motivé. J’ai découvert à quel point un règlement de zonage peut transformer le quotidien des gens. J’ai découvert les méandres du financement du transport en commun en région. J’ai découvert que l’administration municipale, c’est un univers d’une complexité que je ne soupçonnais pas.
J’ai aussi découvert qu’un élu municipal peut se retrouver pris dans des engrenages administratifs et juridiques qu’il n’a pas créés, mais qu’il doit gérer. Des situations où le gros bon sens se heurte à des murs de procédures. J’y reviendrai.
Mais j’ai surtout découvert la puissance de l’engagement citoyen. Les gens qui se lèvent en assemblée pour poser les bonnes questions. Les bénévoles qui donnent des centaines d’heures pour leurs concitoyens. Les employés municipaux qui font avancer les dossiers avec rigueur et dévouement.
Cette chronique, c’est ma façon à moi de partager ce que je vois de l’intérieur. Un texte écrit le soir, quand la journée est finie et que j’ai le temps de prendre du recul.
Je vais vous parler du zonage, des rues privées, des installations septiques, du Parc des chutes, de mes apprentissages et des défis. Je vais vous expliquer pourquoi certaines décisions se prennent, et pourquoi d’autres tardent. Je vais partager mes réflexions quand j’en ai. Et j’en ai souvent.
Parce qu’être maire d’une municipalité comme la nôtre, c’est travailler pour que notre communauté reste un endroit où il fait bon vivre, travailler et élever nos enfants.
Et ça, ça mérite d’être raconté.
À la prochaine chronique
Hugues